[Vieille enseigne à l’angle des rues Eaux de Robec et Edouard Adam, le « 112 » était à l’origine situé avenue du Mont Riboudet, où se trouvait la caisse des congés payés des dockers. Le « retour du 112 » est donc par extension un clin d’ œil du propriétaire du bistrot, en rapport avec la fréquentation de son établissement, par certains dockers qui s’y autorisaient une « halte » après avoir touché leur petit pécule (paie, vacances ou indemnités). Il y avait aussi « chez la négresse » face au village noir (rive gauche, quai BRQ) qui fit penser à certains que le site charbonnier avait donné son titre « officieux » (car le nom du bistrot n’était pas celui-ci), alors qu’il était simplement dû au fait qu’une antillaise à forte personnalité y était serveuse depuis plusieurs années (les dockers sont pragmatiques !) et il fallait voir mon pote Féfé (martiniquais) nous inviter à prendre un coup chez la « négouesse » (le bon temps) et tailler une bavette en créole avec sa « payse ». Autre clin d’ œil, et pas des moindres : « On est mieux ici qu’en face » servant de devise, il y a quelques années, à un petit troquet dans une rue de Petit-Quevilly, juste derrière le mur d’enceinte de la prison Bonne Nouvelle… Ah, ces bistrotiers, de vrais poètes.]

L’enseigne disparue lors de travaux de rénovation de l’immeuble, a finalement été sauvegardée grâce au trublion rouennais Patrice Quéréel et est visible à l’Hôtel de Ville de Rouen du 20 octobre au 16 décembre 2012 dans le cadre de l’exposition « L’avenir, c’est des passés ».