A Nantes, les blocs de béton disposés le long de l’Erdre divisent

Au bord de l’Erdre, sur le campus Tertre de l’Université de Nantes, 21 gros blocs de béton sont en cours d’installation. Une oeuvre d’art de la Nazairienne Marie-Hélène Richard qui fait parler d’elle. Les promeneurs sont intrigués, certain étudiants mécontents.

 » Mais pourquoi y a-t-il des blocs de béton ici ? » C’est la question qui revient chez les promeneurs du bord de l’Erdre. Certains pensent à un système de retenue d’eau ou même antiterroriste. Ce n’est rien de celà, c’est une oeuvre d’art. Depuis deux semaines, la Nazairienne Marie-Hélène Richard installe son oeuvre « Blocs », au bord de l’eau, juste devant le campus Tertre de l’Université de Nantes. Elle n’est pas encore complètement terminée mais elle fait déjà beaucoup parler d’elle.

Cette oeuvre fait partie de l’exposition temporaire Rêver l’Erdre. Jusqu’à mi-octobre, les curieux seront invités à se balader et à découvrir des œuvres entre le quai de Versailles et le campus Tertre. Mais ces 21 blocs de béton ne bougeront pas, ils sont une oeuvre permanente.

Le terrain de la coulée verte dans laquelle s’inscrit l’oeuvre a aussi modelé. Un tractopelle a ajouté de la terre à certains endroits créant de petites collines de terre. « Je veux faire passer l’idée que la pelouse est comme une matière souple, qui peut rappeler la fluidité de l’eau de l’Erdre. Cela doit nous inviter au songe et au repos, » explique Marie-Hélène Richard.

L’artiste souhaite que les promeneurs s’approprient l’oeuvre: »Les blocs viennent s’inscrire comme des rochers géants dans lesquels on peut venir s’installer. Il y a beaucoup de monde qui vient pique-niquer par ici, j’aimerais beaucoup que certains viennent lire dans un coin, que les enfants jouent sur les blocs », poursuitMarie-Hélène Richard

Un projet à 20 000 euros

Mais cette installation ne plaît pas à tout le monde. « Je trouve pas cela génial, ça gâche le paysage et la verdure » confie Jaques un promeneur régulier des bords de l’Erdre. Les plus déçus ce sont les étudiants qui utilisent cette étendue d’herbe dès que les beaux jours arrivent. Une pétition a même été lancée (elle s’est limitée à 250 signatures environ). Alex, étudiant, l’a signée » La plaine est belle comme cela, il n’y a pas besoin de la changer ou alors éventuellement de faire des choses utiles, des potagers, planter des arbres, installer des tables. »

Le projet est entièrement financé par l’université de Nantes, 20 000 euros en tout. Léa, une étudiante en deuxième année de LEA ne comprend pas que cet argent puisse être dépensé de cette manière, « surtout quand certaines salles ont besoin de rénovation » précise-t-elle… Je préfère qu’on répare les salles, ça fuit parfois dans certaines classes !

La direction de la faculté souligne que cette dépense fait l’objet d’un budget à part, pour la valorisation du campus. Il n’affecte donc pas le budget alloué aux diverses réparations.

 

France Bleu Loire Océan

 

© Daniel Caillet, 2017