Fils de notaire, ce navigateur est né le 9 mars 1454 à Florence. Très tôt délaissé par sa mère, il passe alors beaucoup de temps avec son oncle qui entretient des relations avec la famille des Médicis et il en profite pour s’imprégner des arts de la Renaissance. Oncle et neveu resteront deux ans en France où Amerigo rencontre notamment Bartolomé Colomb, en visite chez Louis XI, alors en quête d’un financement pour les expéditions de son frère. Après le décès de son père, il retourne en Italie en devenant intendant de la famille des Médicis. En 1491, désormais responsable de leur banque, il gagne Séville puis rencontre Christophe Colomb à Barcelone au retour de sa première expédition. Les hommes se lieront d’amitié et Amerigo s’occupera de l’affrètement des bateaux de la seconde expédition en 1493.

 

Un mystérieux découvreur

L’incertitude reste entière sur le nombre de voyages réellement faits par le navigateur. Son nom n’apparait sur aucune liste de marins, et tout ce qui est relaté provient de ses propres écrits. Ainsi dans une lettre, il évoque un voyage entrepris en 1501 au cours duquel il aurait débarqué sur un territoire situé entre le Vénézuéla et le Brésil ; dans une autre de 1504, il décrit quatre voyages qu’il aurait faits mais certains détails démontrent qu’il a bel et bien voyagé vers le Nouveau Monde. En 1505, il est nommé capitaine d’une expédition vers les Indes demandée par le roi Ferdinand, mais la disparition de ce dernier en entraine l’annulation. En 1507, c’est lui qui choisit désormais les navigateurs des nouvelles expéditions et il ne sillonne plus les mers. Il devient responsable de la réalisation des cartes géographiques officielles, activité qu’il exercera jusqu’à sa mort le 22 février 1512 atteint sans doute de la peste.

Mais pourquoi a-t-on donné au nouveau continent le nom d’Amérique, dérivé du prénom de Vespucci, et non un autre en rapport avec Christophe Colomb qui en a fait la découverte auparavant ? C’est en France qu’il faut chercher l’origine de ce fait, jugé comme une importante erreur par certains. En 1507, un imprimeur vosgien souhaite rééditer la cosmologie de Ptolémée et il y inclure les dernières découvertes. Martin Waldseemüller dessinera les cartes en désignant les terres nouvelles, rappelant la lettre de Vespucci intitulée  » Mundus Novus ». Dès lors, il est reconnu comme le découvreur du Nouveau Monde après avoir été dépeint au 17e siècle comme un usurpateur qui aurait falsifié des écrits pour une gloire personnelle. Quant à Christophe Colomb, tombé dans l’oubli, il n’a jamais eu conscience d’avoir foulé un territoire nouveau. Il pensait avoir accosté dans une île des Indes…

Chouchou des Rouennais, l’Amérigo Vespucci est l’un des plus grands voiliers d’école militaire du monde. Sa construction a débuté le 12 mai 1930 à la demande de Benito Mussolini et il est sorti des chantiers napolitains en 1931. Ce trois-mâts carré, long de 101 m. a pour port d’attache La Spezia et a fêté en 2001 ses 70 ans sous les couleurs de la marine italienne.

 

© Daniel Caillet, 2018