Selon la tradition, l’abbaye est établie sur un ancien temple dédié à Vénus. La fondation semble remonter à l’époque de Clovis II.
Ruinée par les Normands, Goscelin d’Arques, vicomte de Rouen et d’Arques, et sa femme Emmeline, sur une concession du duc Robert le Magnifique, rétablirent en 1030 le monastère de Saint-Amand. Elle se trouve dotée par des personnes influentes, dont Guillaume le Conquérant et sa femme Mathilde. Cette abbaye a été construite simultanément avec l’établissement de la Sainte-Trinité sur la colline Sainte-Catherine de Rouen. L’église abbatiale est consacrée à Notre-Dame et Saint-Amand en 1068 par Jean II, évêque d’Avranches, futur archevêque de Rouen.
Lors de l’érection de la paroisse Saint-Amand en 1100, l’église abbatiale a dû être partagée entre l’abbaye (chœur) et la paroisse (nef).
Cette abbaye avait la réputation de pouvoir faire guérir des possédés.
L’abbesse de Saint-Amand avait le privilège de pouvoir passer l’anneau pastoral au doigt du nouvel archevêque de Rouen. Elle disait alors : « Je vous le baille vivant, vous me le rendrez mort. » De plus, c’est dans l’abbaye que le corps de l’archevêque était translaté avant son inhumation dans la cathédrale.
Guillemette d’Assy fait élever vers 1520 à côté du manoir de Boos, propriété de l’abbaye, un colombier. Vers 1540 est construite une tourelle polygonale. En 1562, les calvinistes envahirent et pillèrent l’abbaye. En 1569, le clocher de l’abbaye s’écroule sur l’église. Anne de Souvré pendant son abbatiat fit relever l’abbaye. Vers 1620, un clocher et sa flèche remplacent le clocher tombé en 1569. Les anciens bâtiments au sud du chœur (sacristie, salle capitulaire, cuisine, réfectoire, dortoir) sont réparés en 1640. Ils sont remplacés en 1700 par un bâtiment construit par Nicolas Bourgeois. La sacristie est élevée par Charles Thibaut vers 1760.
Supprimée en 1790, les bâtiments servent de magasin central de 1792 à 1797. Vendus en l’an V de la République, peu de traces ont survécu au percement de la rue de la République, qui vit la destruction de logis des abbesses…
La tourelle du logis des abbesses, remontée 75-77 rue Bouquet, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 14 mars 1929. La façade du logis des abbesses, actuellement démontée, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 25 mai 1976.

 

Tourelle : 75-77 rue Bouquet

 

Cheminée : Musée de la Céramique

 

Fontaine : Propriété privée