Restaurateur d’horloges anciennes depuis 1976, Dominique Charlet tient boutique au N° 17 de la rue de Fontenelle à Rouen. Si sa spécialité est l’horlogerie domestique, il a  aussi fait parti du comité scientifique qui avait en charge le chantier de restauration et de valorisation du Gros-Horloge. Comment cet artisan allie-t-il passé et présent, art mécanique et patrimoine ?

Après une scolarité chaotique, il entre à l’école d’horlogerie. C’est alors une véritable révélation pour ce jeune homme qui découvre non seulement un métier mais très vite une passion. La consécration de son savoir-faire arrive quelques années plus tard. Grâce à la création et à la réalisation d’une pendule à équation de temps, il se voit décerner en 1982 le prix de « Meilleur Ouvrier de France ». Des expériences diverses et variées vont alors se succéder avec notamment la restauration de l’horloge astronomique de Beauvais.

La restauration d’horloges anciennes soulève différents problèmes qui obligent  à adopter dans un premier temps une approche mécanique et technique, puis un regard patrimonial. Afin d’opérer les plus minutieuses réparations, le professionnel utilise un outillage moderne. Cependant celui-ci lui permet de recréer des outils plus spécialisés utilisés aux siècles derniers. Ce procédé permet donc la pérennisation de techniques mais aussi d’objets. En effet, dans bien des cas la réparation nécessite la reproduction d’éléments anciens. C’est ainsi que l’horloger crée ou plutôt recrée des aiguilles et autres ornements, qui sont de véritables prouesses artistiques et techniques. Ce travail dit « à l’ancienne » est pratiqué dans l’atelier de l’artisan rouennais et donne la possibilité aujourd’hui de conserver et de faire revivre des pièces et des savoir-faire d’un autre temps.

Autre moyen de garder la trace du fonctionnement de pendules remarquables: les nouvelles technologies. Le dessin des mécanismes mis en mouvement par des logiciels informatiques permet de conserver virtuellement le fonctionnement de machines qui témoignent des connaissances et techniques des horlogers d’autrefois. C’est dans cette optique que Dominique  a été chargé de retranscrire sur papier le mécanisme de l’horloge de l’église Saint-Vivien de Rouen pour être projeté sous forme de vidéo dans une des salles du  musée du Gros-Horloge.

Professionnel averti, Dominique  est aujourd’hui capable d’identifier et de dater les horloges en fonction de leurs pièces mécaniques et peut ainsi rivaliser avec les plus grands experts en objets d’art. Toutefois cet homme n’a pas l’âme d’un collectionneur et ne conserve dans sa vitrine que quelques outils du XIXe siècle dénichés dans des lots chinés en brocante.

A voir ! Le Musée Le Secq des Tournelles de Rouen conserve dans ses collections des outils d’horloger.

 

 

 

© Daniel Caillet, 2015